Concots. Après la mort de son père début avril, elle porte plainte contre le Samu du Lot
La depeche

Source primaire: ladepeche

« J’espère que ce que l’on fait servira à d’autres personnes », confie avec émotion Annie Orget qui « ne réalise toujours pas » la mort de son mari, Jacques, décédé à 70 ans à leur domicile de Concots le 1er avril dernier à 00 h 20. La veille, très inquiète pour l’état de son époux qui souffre d’emphysème (une infection pulmonaire, N.D.L.R.), elle appelle les secours vers 20 heures. « Au téléphone, quand j’ai fait le 15, j’ai eu une dame qui m’a passé un médecin je pense. J’ai suivi ses instructions. Il m’a fait augmenter l’oxygène pendant une heure. » Muriel Orget confirme le déroulement de cette terrible soirée. « Mon père n’arrivait plus à sortir du lit et son taux d’oxygène était très bas, en dessous de 70. Ma mère a décidé d’appeler. Mon père ne voulait pas, il était encore conscient. On a fait faire à ma mère un acte médical et on lui a dit qu’on la rappellerait une heure plus tard mais personne n’a rappelé. »

Pour la famille, le Samu est arrivé trop tard

Annie Orget reprend alors son téléphone et donne des nouvelles de son mari qui ne va pas mieux. « Son taux d’oxygène était remonté à 72, ce qui était toujours très faible. On a dit à ma mère que l’oxymètre ne devait pas fonctionner et de le tester sur elle. Quand ils ont enfin pris conscience du problème, ils ont envoyé un médecin de garde sur place qui venait de Villefranche-de-Rouergue. »

Le praticien à son arrivée appelle les urgences. « Ce n’est toujours pas le Samu qui est venu mais une ambulance simple, déplore Muriel Orget. Mon père ne pouvait plus être transporté à l’hôpital. Alors le Samu est enfin arrivé mais probablement trop tard ». Malgré les efforts des secouristes, le père de Muriel s’est éteint dans son lit un peu plus de quatre heures après le premier appel de sa femme.

Un mois et demi après, Annie Orget culpabilise, persuadée de n’avoir pas su décrire par téléphone la gravité de la situation. « Je m’en veux un peu. J’aurais peut-être dû crier… » se dit-elle aujourd’hui. Sa fille Muriel est, elle, « en colère ». Quelques jours après la mort de son père, le 6 avril, elle est allée porter plainte à la gendarmerie de Limogne qui l’a aiguillée vers Saint-Géry. Contacté par nos soins ce mardi, le Parquet n’était pas en mesure de nous répondre. « Je veux avoir des réponses à mes questions et savoir s’il y a eu effectivement des erreurs », demande la famille Orget.

Du côté des secours, rien n’a été négligé selon le docteur Thierry Debreux à la tête du Samu du Lot.

« Cet appel a été régulé conformément aux procédures »

« Cet appel a été régulé tout à fait conformément aux procédures. Il y a eu un suivi tout au long de la soirée. Nous pensons à la famille, on ne peut que regretter l’issue de cette situation. » Le responsable a pris connaissance du dossier et précise que l’appel a été effectivement passé au 15, mais qu’il a été transféré à la permanence assurée par des médecins libéraux. « Le Samu n’a été sollicité qu’après l’arrivée d’une ambulance demandée par le médecin de garde du secteur, qui n’avait pas trouvé de critères de gravité quand il s’est rendu sur place. »

Le docteur Debreux, médecin chef du Samu./ DDM

Touché par cette affaire, le Dr Debreux assure que « la porte de l’hôpital et des urgences est toujours ouverte, qu’il n’y a pas de secret. On est là pour soigner les gens, on fait un métier compliqué et on essaye de le faire le mieux possible. »

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