Impôts : suivez le guide pour votre déclaration 2018
Le parisien

Phobiques administratifs, attention danger ! Le « guide de vos impôts » du Parisien – Aujourd’hui en France pourrait bien vous provoquer une sévère crise d’urticaire (fiscal). Mais gare, si vous ignorez ces conseils, au pretour de bâton de l’administration… Car la campagne 2018 de déclaration de revenus, c’est maintenant !

Pour les déclarants papier, la date limite de dépôt des déclarations est fixée au jeudi 17 mai à minuit (y compris pour les résidents français de l’étranger), le cachet de la Poste faisant foi. Pour les télédéclarants par Internet, un délai supplémentaire est accordé.

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Quoi qu’il en soit, l’heure est venue de sortir votre calculette pour adresser à la Direction générale des finances publiques (DGFiP) le récapitulatif de ce que vous avez gagné au cours de l’année 2017.

Pas si simple. Pour preuve, l’an passé, le fisc a reçu 4,1 millions d’appels téléphoniques et 2,1 millions de courriels concernant la déclaration de revenus. Attention également : cette année, la campagne déclarative 2018 sera notamment axée sur la mise en place du prélèvement à la source à partir du 1er janvier 2019. Une vraie révolution dont la quasi-totalité des Français ont heureusement entendu parler. Mais de là à dire que tous l’abordent sereinement et sans crainte ? Il y a un pas que l’administration ne franchit pas…

Comment contrôler votre déclaration et la compléter

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Déclarer en ligne ? Vérifiez si vous êtes tenu de déclarer en ligne. Les critères ? Si votre revenu fiscal de référence (RFR) de 2016 — indiqué sur votre déclaration — est supérieur à 15 000 euros et que votre résidence principale est équipée d’un accès à Internet, vous n’y couperez pas ! En 2017, 20 millions de contribuables ont déclaré en ligne. L’an prochain, avec le prélèvement à la source, tout le monde sera concerné par la déclaration sur Internet.

Premiers pas sur Internet. Rendez-vous sur le site Impots.gouv.fr, dans Votre espace particulier. Pour y accéder la première fois, vous aurez besoin de votre numéro fiscal, votre numéro d’accès en ligne et le RFR de votre dernière déclaration de revenus. Si c’est la première fois que vous faites votre déclaration en ligne, le fisc doit vous avoir adressé automatiquement par courrier les identifiants nécessaires.

Informations préremplies. Commencez par vérifier les informations préremplies par le fisc, qui a inscrit toutes les informations dont il dispose sur vos revenus grâce aux informations communiquées par votre employeur, Pôle emploi, les banques, les caisses de retraite… Les salaires (y compris les heures supplémentaires), indemnités chômage, pensions de retraite, allocations de préretraite et autres indemnités journalières, en cas de maladie ou de maternité, par exemple, doivent être pris en compte. Idem pour vos revenus de placements financiers, comme les assurances vie de moins de huit ans.

Mais attention aux erreurs. Parfois, le fisc se trompe. Un bug interne a d’ailleurs retardé l’arrivée de données de 3 millions de salariés, qui n’ont donc jamais été notées sur les déclarations préremplies. Normalement, en cas d’oubli, le contribuable reçoit rapidement un courrier d’excuses du fisc avec le relevé détaillé des « vrais » montants à déclarer. Sur le Net, les informations ont d’ores et déjà été modifiées par Bercy. Mais mieux vaut vérifier et éviter d’avoir à rendre des comptes, dans plusieurs mois ou années, en ayant sous-évalué vos revenus.

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Revenus complémentaires. Complétez les informations que le fisc n’a pas. Exemples : vos revenus fonciers, rentes viagères à titre onéreux, pensions alimentaires, revenus de placements d’origine étrangère et vos plus-values mobilières. Par ailleurs, le fisc ignore qui est à votre charge. Si vous avez un enfant ou un parent isolé à charge, n’oubliez pas de déclarer son revenu imposable. Enfin, indiquez tous les éléments qui vous permettent de bénéficier d’un crédit ou d’une réduction d’impôt.

Activités non salariées. N’oubliez pas les revenus issus d’activités non salariées et de plates-formes en ligne (Airbnb, Leboncoin…). Comment ? Des fiches explicatives, disponibles sur le site des impôts, vous permettent de connaître la marche à suivre. Depuis 2017, les plates-formes numériques sont tenues de vous signaler le montant des revenus à déclarer. Dès 2019, elles devraient en informer directement le fisc.

Ce qui ne doit pas apparaître. Certains revenus exclus des revenus imposables ne doivent pas figurer sur votre déclaration. Lesquels ? Les prestations familiales (allocations familiales, allocation pour jeune enfant, allocation de rentrée scolaire, allocation adulte handicapé…). Idem pour la prise en charge de votre employeur pour les titres restaurant (dans la limite de 5,37 euros par chèque), les abonnements de transports ou la participation aux chèques vacances (dans la limite d’un smic).

L’aide financière versée pour les services à la personne échappe aussi à l’impôt, dans la limite de 1 830 euros par an et par bénéficiaire. Les jobs d’été de vos enfants — s’ils ont moins de 26 ans uniquement au 1er janvier 2017 — sont également exonérés d’impôts s’ils ne dépassent pas trois fois le smic (soit 4 400 euros par an). S’ils ont plus de 26 ans, vous devez déclarer le surplus. Quant aux stagiaires et autres jeunes en apprentissage ou en alternance, ils sont exonérés de l’impôt dans la limite de 17 599 euros par an.

Ce que vous devez déduire

Dans votre déclaration, n’oubliez pas les réductions et les crédits d’impôt applicables à des dépenses faites en 2017.

Si vous avez des enfants. Pensez aux frais de garde. Si votre bambin de moins de 6 ans est gardé hors de votre domicile par une assistante maternelle agréée, une crèche, une halte-garderie ou un centre de loisirs, vous bénéficiez d’un crédit d’impôt à hauteur de 50 % de vos dépenses (une fois les aides déduites) dans la limite de 2 300 euros par an et par enfant. Pour les frais de scolarité, si vous avez un enfant à charge ou rattaché à votre foyer fiscal, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt, fixée à 61 euros pour un collégien, 153 euros pour un lycéen et 183 euros pour un étudiant.

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Si vous employez un salarié à domicile. Nounou, femme de ménage, jardinier… ils peuvent vous permettre de bénéficier d’un crédit d’impôt correspondant à 50 % des dépenses, dans la limite de 12 000 euros majorée de 1 500 euros par personne à charge jusqu’à 15 000 euros. Le plafond est de 5 000 euros par an pour des travaux de jardinage et de 3 000 euros pour l’assistance informatique.

Si vous faites des travaux d’économie d’énergie. Propriétaire ou locataire, si vous investissez dans l’isolation thermique, des volets isolants ou certaines chaudières, vous pouvez déduire 30 % des dépenses de l’année d’imposition. Le plafond est de 8 000 euros pour une personne seule et de 16 000 euros pour un couple, majoré de 400 euros par personne à charge. Attention : renseignez-vous bien en amont pour être sûr que les travaux réalisés sont éligibles au crédit d’impôt.

Si vous avez investi dans l’immobilier. Si vous avez acheté un appartement sur plan en 2017 par le biais du dispositif Pinel notamment, n’oubliez pas de défiscaliser ! Ce dispositif permet de réaliser jusqu’à 63 000 euros d’économies d’impôt pour les contribuables qui se sont engagés pour douze ans.

Si vous êtes dépendant. Vous bénéficiez d’un crédit d’impôt si vous aménagez votre habitation principale pour remplacer des équipements spécialement conçus pour les personnes âgées ou handicapées. Pour cela, sachez que 25 % de ces dépenses d’installation et d’acquisition peuvent être déduits de votre déclaration. Pour les personnes dépendantes vivant en maison de retraite ou dans un établissement spécialisé, il est aussi possible de profiter d’une réduction d’impôt en déduisant 25 % des dépenses (hébergement, aide à la surveillance, frais journaliers…) payées au cours de l’année d’imposition, une fois retirée l’allocation personnalisée d’autonomie.

Si vous avez effectué des dons. Les dons versés à une œuvre, une association à but caritatif, une fondation ou un organisme d’intérêt général reconnus d’utilité publique sont déductibles de l’impôt à hauteur de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Les dons effectués en 2018 pourront également être déduits de vos impôts.

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Source primaire: leparisien